
Réflexion en hommage à Laurent-Désiré Kabila.Aujourd’hui, en ce jour de commémoration de la disparition de Laurent-Désiré Kabila, il est essentiel de revenir sur l’une de ses paroles fortes : « Nous ne pouvons pas entrer dans la mondialisation en étant un pays faible. Nous devons d’abord nous développer. » Cette phrase, au-delà de sa simplicité apparente, traduit une vision lucide et profondément stratégique de la place que devait occuper la République Démocratique du Congo dans l’échiquier mondial. La mondialisation comme terrain de négociation Kabila avait compris que la mondialisation n’est pas une table ouverte où chacun s’assoit librement ; c’est une arène où les nations négocient leur part en fonction de leur force économique, politique et culturelle. Entrer dans ce système sans préparation, sans bases solides, c’est accepter d’être marginalisé, réduit au rôle de fournisseur de matières premières sans voix ni pouvoir de décision. Sa mise en garde était donc une invitation à calibrer ce que le Congo apporte au monde : ses minerais, ses forêts, son potentiel humain, mais surtout sa souveraineté. Dans un pays riche en ressources naturelles mais longtemps fragilisé par les ingérences extérieures et les conflits internes, Kabila rappelait que la véritable puissance ne réside pas seulement dans la possession de richesses, mais dans la capacité à les transformer en développement durable pour son peuple. Il insistait sur la nécessité de bâtir une économie nationale forte, capable de soutenir l’éducation, la santé, l’industrie et l’infrastructure, afin que le Congo ne soit pas un acteur passif mais un partenaire respecté dans les échanges mondiaux. Rendre hommage à Kabila, c’est reconnaître qu’il a porté une vision de dignité nationale. Il ne s’agissait pas pour lui de rejeter la mondialisation, mais de rappeler que l’intégration dans ce système devait se faire sur des bases équilibrées. Il voulait que le Congo négocie sa place non pas en position de faiblesse, mais en position de force, en sachant ce qu’il apporte à la table mondiale et en exigeant que cela soit reconnu et valorisé. Son message reste d’une actualité brûlante : dans un monde où les rapports de force se redessinent, où les ressources stratégiques comme le cobalt ou le coltan sont au cœur des technologies modernes, le Congo doit continuer à défendre sa souveraineté et à investir dans son propre développement. La mondialisation ne doit pas être une menace, mais une opportunité à condition d’y entrer avec une économie robuste et un peuple conscient de sa valeur. En ce jour de mémoire, nous saluons Laurent-Désiré Kabila non seulement comme un président, mais comme un visionnaire qui a rappelé à son peuple que la force d’une nation ne se mesure pas seulement à ses richesses naturelles, mais à sa capacité à transformer ces richesses en puissance collective. Son appel à la vigilance et au développement demeure une boussole pour l’avenir du Congo.

